Posté le: Sam 03 Fév 2007 10:26 Sujet / Prono : Le derby sicilien tourne au cauchemar
Une bêtise sans limite
Après la France notamment, c’est au tour de l’Italie de vivre le drame d’une disparition autour d’un match de football, en l’occurrence le derby sicilien Catane-Palerme, en raison de violences incontrôlables. Du coup, toutes les compétitions ont été suspendues pour une durée indéterminée.
Une minute de silence bafouée
Jusqu’où la violence ira-t-elle ? Comment, à partir d’un simple match de football, peut-on assister à des drames d’une telle ampleur ? Cette question, on ne cesse de se la poser depuis quelque temps, au fil d’incidents de plus en plus graves. En France, le souvenir du 23 novembre dernier et la mort d’un supporter du Paris SG en marge de la rencontre de Coupe UEFA contre Hapoël Tel-Aviv est encore dans toutes les têtes. Tout comme les exactions très violentes des pseudos supporters du Feyenoord Rotterdam à Nancy le 30 novembre. Et cette fois, c’est au tour de l’Italie d’être frappé par ce fléau de plus en plus inarrêtable. Théâtre de la bêtise humaine, le derby sicilien entre Catane et Palerme. Un match annoncé comme à hauts risques, surtout après les incidents de l’aller qui, malheureusement, n’allaient être que de simples escarmouches comparativement aux évènements de ce vendredi. Tout débutait quelques heures avant la rencontre, avec des supporters de Palerme escortés sous haute surveillance jusqu’au stade, après que différents heurts aient éclaté, et qui allaient néanmoins devoir patienter jusqu’à la mi-temps pour prendre place dans les tribunes. La minute de silence qui précédait le match, en hommage à un dirigeant d’un petit club amateur mort samedi dernier après une rixe au bord d’un terrain de Calabre, ne calmait nullement les ardeurs des supporters locaux, bien décidés à en découdre avec leurs homologues. D’autant plus quand Palerme ouvrait le score…
Plus de football pendant un an ?
La pause intervenait alors à point pour calmer les esprits. Du moins, c’est ce que croyaient les forces de l’ordre qui en profitaient pour enfin ouvrir l’accès aux tribunes aux supporters palermitains. Seul souci, ce calme apparent ne laissait présager que d’une embuscade et le déferlement de violence qui suivait était terrible, aussi bien dans que hors du stade. Des exactions qui allaient conduire à la mort d’un officier de police, victime d’un cocktail molotov lancé, selon les premiers rapports, à l’intérieur de sa voiture. Transporté d’urgence à l’hôpital, celui-ci a succombé à ses blessures peu de temps après. Aux abords du stade, les blessés, eux, se comptent par dizaines. La rencontre est arrêtée en raison de l’usage des gaz lacrymogènes au bout d’un quart de jeu en seconde période, avant de reprendre 40 minutes plus tard, sans que l’on comprenne bien pourquoi. Au final, Palerme s’est imposé (1-2) chez son voisin, mais ce résultat dérisoire n’intéressait déjà plus personne. En effet, en accord avec Romano Prodi, le chef du gouvernement, et Giuliano Amato, le ministre de l’Intérieur transalpin, Luca Pancalli, le commissaire extraordinaire de la Fédération italienne, décidait de suspendre immédiatement toutes les rencontres de football en Italie, à quelque niveau que ce soit. Et ce, pour une période indéterminée. Dans les colonnes de L’Equipe, Sergio Campana, le président du syndicat des joueurs, appelait même à ce que «le football italien s’arrête pendant un an afin que tout le monde puisse réfléchir aux maux qui le minent.» La crise ne fait donc que commencer. A moins plutôt qu’elle n’ait déjà que trop duré sans que personne ne prenne les mesures nécessaires…
Un policier de 38 ans, atteint par un gros pétard, est décédé vendredi soir à Catane lors d'affrontements entre forces de l'ordre et supporters de l'équipe locale, qui affrontait Palerme (1-2). En conséquence, Luca Pancalli, le commissaire extraordinaire de la Fédération italienne, a annoncé la suspension de tous les matches de championnats qui devaient se dérouler au cours du week-end, et ce à tous les niveaux.
«Une journée, ce n'est pas suffisant. Sans mesures drastiques, on ne repart pas, a de plus déclaré Luca Pancalli, laissant planer la menace d'une prolongation de la suspension. Moi, je ne continue pas comme ça. En ce moment, je suis trop bouleversé, en tant qu'Italien et en tant qu'homme du sport. J'aimerais qu'on ne reparte pas tant que l'on n'aura pas isolé ces enragés. Il s'agit de délinquance pure, ils ne devraient pas avoir accès au stade. Il faut donner des réponses sévères et fortes». Il a par ailleurs annoncé qu'une réunion avec la ministre des Sports Giovanna Melandri, le ministre de l'Intérieur Giulano d'Amato et le président du Conseil Romano Prodi aurait lieu lundi.
Ce dernier a lui affirmé que la décision d'interrompre la journée de Championnat était «juste (...), prise en signe de deuil mais qui représente aussi un avertissement pour le sport, un sport qui doit s'arrêter et réfléchir. La première pensée va aux personnes qui ont été touchées (par les incidents) et à leurs familles. Mais (...) je sens le devoir de dire qu'un signal fort et clair est nécessaire pour éviter la dégénération du sport à laquelle nous assistons de plus en plus dramatiquement».
Le match amical Italie-Roumanie qui devait se dérouler mercredi à Sienne a également été annulé, tout comme le match entre les équipes espoirs d'Italie et de Belgique. «L'équipe nationale donne le signal le plus important en s'arrêtant et en contestant la violence», a déclaré le vice-commissaire extraordinaire de la Féddération, Gigi Riva.
Un match sous haute surveillance
Selon les médias italiens, un autre policier serait également gravement blessé et il y aurait une centaine de blessés légers. Les images télévisées montrent que les affrontements continuaient entre tifosi et forces de l'ordre à l'extérieur du stade, vers 22h45. Les heurts auraient débuté hors du stade au moment où les supporters de Palerme entraient dans l'enceinte. Neuf supporteurs de Catane, dont quatre mineurs, ont été arrêtés, mais aucun ne serait lié au décès du policier.
Le policier a été blessé au visage par un gros pétard lancé dans sa voiture avant d'être transporté d'urgence à l'hôpital Garibaldi de Catane, où il est décédé. Ironie de l'histoire, le match avait été précédé d'une minute de silence en mémoire d'Ermanno Licursi, un dirigeant d'une équipe amateur décédé samedi dernier alors qu'il tentait de s'interposer entre ses joueurs, de Sanmartinese, et les supporters du club adverse de Cancellese qui tentaient de s'en prendre à eux.
Le derby sicilien entre Catane et Palerme, prévu à l'origine dimanche à 15h00, avait également été avancé à vendredi (18h00) pour des raisons de sécurité. Les autorités craignaient déjà des affrontements entre supporters siciliens. Au match aller, de nombreux incidents avaient en effet émaillé le match qui se disputait à Palerme. «On m'a dit qu'un policier est mort, parler de football est parfaitement inutile. Quand cela sera fini, je m'en irai du monde du football», a réagi à chaud Pietro Lo Monaco, administrateur délégué du club de Catane. «Je ne me reconnais pas dans tout cela. J'aime intensément le football, mais là, il me semble absurde». (Avec AFP)
C'est vraiment nul le football est un jeu et pas de combats que je sachent même si c'est un derby.J'espére que la fédération Italienne prendra les bonnes décisions. _________________ Aller Barcelone et l'OM !!!
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum